Laure Forêt
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Artiste en résidence 2019 • Expo Bages

° FR 1984, vit et travaille à Anvers.

Elle déconstruit les lignes du corps tout en se jouant à travers dessins, broderies et sculptures. Ces deux dernières pratiques sont pour elle, depuis quelque temps, une nouvelle façon de traiter la ligne, autant forme que frontière entre ce qui est dedans et ce qui est dehors et de montrer la porosité de cette frontière. A la recherche de nouvelles approches entre peau et ligne.

Une photo de 1948 montre Antonin Artaud, écrivain et homme de théâtre français, assis sur un banc. D’une main, il semble se pointer un crayon dans le milieu du dos. En gros plan, la main parait détachée, comme si, à partir de ce point, elle voulait redessiner les lignes d’un corps fragile. C’est avec la même intensité et la même simplicité que Forêt fait apparaître en une seule ligne sur la blancheur du papier, une silhouette tâtonnant vers ses propres limites corporelles. La ligne formée à l’intérieur de l’espace vide et rectangulaire laisse le champ ouvert pour interpréter ce qu’elle délimite, l’intérieur ou l’extérieur. Le minimalisme de la ligne et le style naïf du dessin sont un choix conscient de Laure Forêt. C’est en contraste avec l’aliénation des corps. Au premier regard, on sourit, mais derrière se cache une vacance qui échappe à toute définition. La surface blanche et vide n’est pas pour elle un vide indéfini mais plutôt un espace rempli qui risque de déborder d’un « trop plein ».